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Plafonds de déduction, fiscalité, cas de déblocage : depuis la loi Pacte, tous les plans d'épargne retraite obéissent aux mêmes règles. Pourtant, deux PER ne se valent pas. Derrière une même appellation, les contrats diffèrent par leurs frais, leurs supports d'investissement, leurs modes de gestion et leurs conditions de sortie. Sur ce placement conçu pour durer vingt, trente ou quarante ans, ces écarts peuvent représenter des dizaines de milliers d'euros au moment de la retraite.

Un PER peut coûter cher de plusieurs façons : parce qu'on a sous-estimé le poids des frais, ou adopté une gestion inadaptée à son horizon de placement; parce qu'on a choisi un PER individuel en passant à côté du PER d'entreprise abondé par son employeur, ou qu'on n'a pas utilisé les plafonds spécifiques aux indépendants ; parce qu'on a déduit ses versements sans regarder sa TMI, ou qu'on n'a pas anticipé une sortie en capital qui fait changer de tranche ; parce qu'on a négligé les conditions de rente et de transmission. Ou tout simplement parce qu'on a utilisé son PER comme une épargne disponible.

Chez Groupe Hueber Assurances, nous accompagnons chaque jour des épargnants dans le choix et le suivi de leur PER. Voici les 7 erreurs que nous rencontrons le plus souvent, ce qu'elles peuvent vous coûter, et les bons réflexes pour les éviter.

Pourquoi deux PER ne se valent pas

Un cadre commun laisse facilement penser qu'un PER en vaut un autre. C'est pourtant l'une des idées reçues les plus coûteuses en matière d'épargne retraite. Si la loi fixe bien les règles du jeu, c'est en revanche l'assureur qui fixe les conditions du contrat. Et ce sont ces conditions qui déterminent, au bout du compte, ce que vous toucherez réellement à la retraite.

Un même nom, des contrats très différents

Derrière l'appellation « PER », chaque contrat est construit différemment. Ce qui est harmonisé par la loi ne concerne que l'enveloppe. Ce qui fait la performance de votre épargne, en revanche, varie d'un contrat à l'autre. Voici un tableau récapitulatif de ce qui change ou non pour votre PER :

Quatre leviers font la différence pour optimiser l’efficacité de votre PER :

  1. L'assureur ou le gestionnaire : c'est lui qui gère votre épargne pendant parfois plusieurs décennies. Sa solidité financière, la qualité de sa gestion et l'historique de rendement de son fonds euros pèsent directement sur la valorisation de votre capital. D'une compagnie à l'autre, deux fonds euros peuvent afficher des revalorisations sensiblement différentes la même année.
  2. Les frais : frais sur versement, frais de gestion annuels, frais d'arbitrage, frais de transfert : leur niveau varie fortement selon les contrats. C'est le levier le plus facile à mesurer, et souvent celui qui pèse le plus lourd sur la durée.
  3. Les supports d'investissement : certains contrats proposent quelques fonds seulement, d'autres plusieurs centaines d'unités de compte. Tous n'offrent pas non plus la même gestion pilotée à horizon, ni le même rythme de sécurisation de l'épargne à l'approche de la retraite.
  4. Les options de sortie : c'est le critère le moins regardé à la souscription, alors qu'il compte énormément vingt ou trente ans plus tard. Les tables de mortalité et le taux utilisés pour convertir votre capital en rente, la possibilité d'une rente réversible au profit de votre conjoint, les annuités garanties ou encore la garantie décès diffèrent d'un contrat à l'autre et conditionnent le montant et la sécurité de vos revenus futurs.

Parmi ces quatre leviers, un seul produit un effet mécanique, chiffrable et cumulatif sur toute la durée du contrat : les frais.

Le coût invisible : un exemple chiffré sur 25 ans

Un point de frais par an semble anodin. Sur votre relevé annuel, il n'apparaît d'ailleurs jamais comme une perte. Il se traduit simplement par un capital un peu moins élevé qu'il n'aurait pu l'être. Mais année après année, ce manque à gagner s'accumule, jusqu'à représenter une somme considérable au moment du départ à la retraite.

Pour le mesurer, prenons l’exemple fictif de deux épargnants, Sylvie et Benoît, qui versent chacun 200 € par mois sur leur PER, avec un rendement brut identique de 5 % par an. Seuls leurs contrats diffèrent :

  • PER de Sylvie : 0,6 % de frais de gestion annuels, aucun frais sur versement ;
  • PER de Benoît : 1,6 % de frais de gestion annuels et 3 % de frais sur chaque versement.

Simulation indicative, à rendement brut constant. Les rendements des supports d'investissement ne sont pas garantis et les niveaux de frais sont retenus à titre d'illustration.

Trois enseignements ressortent de cet exemple.

D'abord, l'écart ne progresse pas de façon régulière : il est multiplié par sept entre 10 et 25 ans. La raison est simple : les frais ne réduisent pas seulement votre épargne, ils réduisent aussi les gains que cette épargne aurait produits les années suivantes. C'est l'effet des intérêts composés, mais à l'envers.

Ensuite, au bout de 25 ans, l'écart dépasse le quart des sommes versées. Autrement dit, pour un effort d'épargne rigoureusement identique, Benoît a perdu l'équivalent de plus de six années de versements.

Enfin, plus vous ouvrez votre PER tôt, plus le choix du contrat compte. Remettre à plus tard la question des frais, c'est laisser le temps jouer contre vous.

Les frais sont donc le premier critère à examiner avant de souscrire. Encore faut-il savoir lesquels regarder, et comment les comparer.

Erreur n°1 : sous-estimer le poids des frais

Tout contrat d'épargne comporte des frais, et le PER ne fait pas exception. L'erreur n'est donc pas d'en payer, mais de les regarder de trop loin, ou de ne regarder que les plus visibles. Car sur un placement conçu pour durer vingt, trente ou quarante ans, ce ne sont pas toujours les frais les plus apparents qui coûtent le plus cher.

Les frais qui comptent vraiment

Les frais sur versement : ils sont prélevés sur chaque somme que vous versez, avant même qu'elle ne soit investie. Par exemple, avec 3 % de frais, sur 1 000 € versés, seuls 970 € sont réellement placés. Selon les contrats, ils peuvent être nuls, réduits ou négociables.

Les frais de gestion du contrat : prélevés chaque année sur l'ensemble de votre épargne, ils rémunèrent l'assureur pour la tenue du contrat. Leur niveau diffère souvent selon que votre épargne est placée sur le fonds euros ou sur des unités de compte, ces dernières étant généralement plus chères.

Les frais des supports eux-mêmes : c'est la couche la plus souvent oubliée. Les unités de compte sont des fonds d'investissement qui prélèvent leurs propres frais, appelés frais courants, en plus de ceux du contrat. Un PER qui affiche des frais de gestion modérés peut donc coûter bien davantage une fois ces frais intégrés. Ils sont indiqués dans le document d'informations clés (DIC) de chaque support.

Les frais d'arbitrage et de gestion pilotée : modifier la répartition de votre épargne entre les supports peut entraîner des frais d'arbitrage. Si vous confiez la gestion de votre PER à l'assureur ou à une société de gestion, des frais de mandat peuvent également s'ajouter.

Les frais de transfert : ils s'appliquent si vous décidez de changer de contrat. Ils sont strictement encadrés par la loi.

Les frais sur les arrérages de rente : si vous optez pour une sortie en rente, celle-ci peut elle aussi supporter des frais, prélevés sur chaque versement. Un point rarement examiné à la souscription, alors qu'il pèsera pendant toute votre retraite.

Tableau récapitulatif

Avant de souscrire, ne vous arrêtez pas aux frais affichés en vitrine. Demandez le coût total annuel de votre épargne, frais du contrat et frais des supports compris. C'est le seul chiffre qui permet de comparer deux PER sur une base réelle.

Pourquoi les frais annuels pèsent plus lourd que les frais sur versement

Face à ces différents frais, la plupart des épargnants se concentrent sur les frais sur versement, parce que ce sont les plus visibles. C'est pourtant rarement eux qui coûtent le plus cher. Sur la durée, ce sont les frais de gestion annuels qui pèsent le plus lourd, parce qu'ils s'appliquent chaque année sur la totalité de votre épargne, y compris sur les gains déjà accumulés.

Pour le vérifier, reprenons l’exemple fictif de Sylvie qui verse 200 € par mois sur son PER, avec un rendement brut de 5 % par an, et un contrat de référence à 0,6 % de frais de gestion, sans frais sur versement. Voici ce que lui coûterait chaque surcoût, pris isolément :

Total versé : 48 000 € sur 20 ans, 72 000 € sur 30 ans. Simulation indicative, à rendement brut constant. Les rendements des supports d'investissement ne sont pas garantis.

Le constat est sans appel. Sur 30 ans, un seul point de frais de gestion coûte plus de cinq fois plus cher que 3 % de frais sur chaque versement. Même un demi-point, qui peut sembler négligeable au moment de signer, représente plus de 12 000 € de capital en moins.

Autre enseignement : entre 20 et 30 ans, le coût des frais de gestion triple. Les dernières années avant la retraite sont celles où votre épargne est la plus importante, et donc celles où les frais annuels prélèvent le plus.

Négocier les frais sur versement reste utile. Mais le véritable critère de choix d'un PER, ce sont ses frais annuels, contrat et supports compris.

Transférer un PER trop cher : ce que dit la loi

Vous réalisez que votre PER est trop coûteux ? Rien n'est figé. Depuis la loi Pacte, le transfert d'un PER vers un autre PER est un droit, encadré par l'article L224-6 du Code monétaire et financier.

Concrètement, votre épargne en cours de constitution peut être transférée vers le PER de votre choix, sans que cela modifie les conditions dans lesquelles vous pourrez la récupérer. Les frais de transfert sont plafonnés à 1 % des droits acquis. Ils deviennent nuls une fois passé un délai de cinq ans après le premier versement dans le plan, ou lorsque le transfert intervient à partir de votre départ à la retraite.

Attention au point de départ de ce délai : les cinq ans courent à compter du premier versement, et non de la date d'ouverture du contrat. Un PER ouvert puis alimenté plus tard décale d'autant la date à partir de laquelle le transfert devient gratuit.

Prenons l’exemple fictif d’Anaïs: sur son PER de 40 000 € dont le premier versement remonte à trois ans, le transfert lui coûtera au maximum 400 €. Si le nouveau contrat lui fait économiser un point de frais de gestion par an, ces 400 € sont compensés en un an environ. À l'inverse, si l'écart de frais est faible, attendre les deux années restantes pour transférer gratuitement peut être le calcul le plus judicieux pour Anaïs.

Quelques nuances selon le type de plan : l'épargne d'un PER d'entreprise obligatoire n'est transférable que lorsque vous n'êtes plus tenu d'y adhérer, par exemple après avoir quitté l'entreprise. Les transferts depuis d'anciens contrats retraite (PERP, contrats Madelin, article 83) obéissent quant à eux à des règles spécifiques.

Bonne nouvelle enfin : un transfert n'est pas une sortie du PER. Votre épargne reste dans l'enveloppe retraite et ne subit donc aucune imposition à cette occasion. Avant de transférer, comparez précisément votre contrat actuel aux offres du marché : frais, supports, options de sortie. Un transfert n'a de sens que s'il vous fait gagner sur l'ensemble de ces critères.

Erreur n°2 : une gestion inadaptée à son horizon

Un PER bien choisi, avec des frais maîtrisés, peut malgré tout décevoir si l'épargne n'y est pas investie correctement. En effet, le rendement de votre plan dépend avant tout de la façon dont votre argent est réparti entre supports prudents et supports plus dynamiques. Cette répartition n'a de sens qu'au regard d'un seul critère : le temps qui vous sépare de la retraite.

Trop prudent trop tôt, trop exposé trop tard

Il existe deux façons de mal investir son PER, et elles sont symétriques.

La première consiste à être trop prudent trop tôt. Par crainte de perdre de l'argent, certains épargnants placent l'essentiel de leur PER sur le fonds euros alors que leur retraite est encore lointaine. Le capital est protégé, mais son potentiel de croissance est fortement limité. Or, à 30 ou 35 ans, votre épargne a devant elle plusieurs décennies pour traverser les fluctuations des marchés et en tirer parti.

Pour mesurer l'enjeu, reprenons l’exemple fictif de Sylvie, qui verse 200 € par mois pendant 30 ans. Avec un rendement net de 2,5 % par an, correspondant à une allocation très prudente, elle se constitue un capital d'environ 106 600 €. Avec un rendement net de 4,4 % par an, correspondant à une allocation plus diversifiée, son PER atteint une valeur de près de 146 800 €. Soit un écart d'environ 40 000 €, pour un effort d'épargne rigoureusement identique (Simulation indicative, à rendements nets constants. Les rendements des supports en unités de compte ne sont pas garantis et présentent un risque de perte en capital).

À l’inverse, il ne faut pas rester trop exposé trop tard. À quelques années du départ, conserver une large part de son épargne sur des supports risqués revient à faire dépendre sa retraite de la conjoncture du moment. Une forte baisse des marchés deux ou trois ans avant la liquidation peut amputer durablement le capital, sans laisser le temps de récupérer les pertes.

La bonne approche consiste donc à accepter davantage de risque lorsque l'horizon est long, puis à sécuriser progressivement son épargne à mesure que la retraite approche. C'est précisément le principe de la gestion pilotée à horizon.

Gestion pilotée à horizon ou gestion libre : ce que ça change concrètement

Sur un PER, deux grands modes de gestion coexistent.

La gestion pilotée à horizon confie la répartition de votre épargne au gestionnaire du plan. Celui-ci investit d'abord de façon dynamique, puis réduit progressivement la part des actifs risqués au profit d'actifs à faible risque, à mesure que la date de départ à la retraite approche. Ce mécanisme est encadré par la réglementation : les réallocations doivent intervenir au minimum une fois par semestre, et la date de liquidation envisagée figure dans le plan. Vous pouvez la modifier à tout moment.

La réglementation prévoit plusieurs profils, qui déterminent le rythme de cette sécurisation : « prudent horizon retraite », « équilibré horizon retraite », « dynamique horizon retraite » ou encore « offensif horizon retraite ». Si vous n'exprimez aucun choix, vos versements sont automatiquement affectés au profil « équilibré horizon retraite ».

C'est là que se niche une erreur fréquente : laisser s'appliquer ce profil par défaut sans se demander s'il correspond à sa situation. Un épargnant de 30 ans à l'aise avec les fluctuations des marchés peut avoir intérêt à un profil plus dynamique. À l'inverse, une personne qui ouvre un PER à 55 ans avec un capital déjà important peut préférer un profil plus prudent.

La gestion libre, elle, vous laisse décider seul de la répartition de votre épargne et de son évolution dans le temps. Elle offre davantage de liberté, mais suppose du temps, des connaissances et de la discipline. Le risque est double : réagir à chaud aux mouvements des marchés, en vendant après une baisse par exemple, ou au contraire oublier de sécuriser son épargne à l'approche de la retraite. Sans rééquilibrage régulier, une gestion libre peut glisser, sans même qu'on s'en rende compte, vers l'une des deux erreurs décrites plus haut.

Tableau comparatif entre gestion pilotée et gestion libre

Quel que soit le mode choisi, la question à se poser reste la même : ma répartition actuelle correspond-elle au temps qui me reste avant la retraite et à ma tolérance au risque ?

La qualité du fonds euros et des supports proposés

Même avec la bonne stratégie, un PER ne peut pas faire mieux que les supports qu'il propose. D'un contrat à l'autre, l'offre peut aller de quelques fonds seulement à plusieurs centaines d'unités de compte. Et à nombre égal, leur qualité n'est pas la même.

Le fonds euros garantit le capital investi. Mais d'un assureur à l'autre, les rendements servis peuvent sensiblement varier, et cet écart se cumule année après année. Avant de souscrire, examinez l'historique de revalorisation du fonds euros sur plusieurs années, plutôt que le seul taux de l'an dernier, qui peut être ponctuellement dopé par une offre promotionnelle. Vérifiez aussi les frais de gestion appliqués spécifiquement sur ce fonds.

Les unités de compte constituent le moteur de performance de votre PER sur le long terme. Plusieurs critères permettent de juger la qualité de l'offre : la diversité des classes d'actifs accessibles (actions, obligations, immobilier, supports non cotés), la présence de fonds indiciels à frais réduits, la performance des fonds dans la durée plutôt que sur une seule année, et leurs frais courants, qui s'ajoutent à ceux du contrat.

Les profils de gestion pilotée, enfin, ne se valent pas tous. Deux profils « équilibré horizon retraite » proposés par deux assureurs différents peuvent reposer sur des fonds, des frais et des performances très différents. Comparer uniquement le nom du profil ne suffit donc pas : c'est son contenu qu'il faut examiner.

Avant de souscrire, demandez l'historique du fonds euros sur au moins cinq ans, la liste des supports disponibles et les performances passées des profils de gestion pilotée. Ce sont ces éléments, bien plus que la réputation de l'établissement, qui déterminent le rendement de votre épargne.

Erreur n°3 : choisir le mauvais type de PER pour vous

Depuis la loi Pacte, il existe trois types de PER : le PER individuel, que l'on souscrit soi-même, et deux PER d'entreprise, l'un collectif, l'autre obligatoire. Ils peuvent se cumuler, mais ils ne fonctionnent pas de la même façon. Se tromper de porte d'entrée, ou en oublier une, peut coûter cher.

Individuel, collectif, obligatoire : ne pas passer à côté d'un PER d'entreprise abondé

Beaucoup de salariés ouvrent un PER individuel auprès de leur banque sans vérifier au préalable ce que leur propose leur employeur. C'est pourtant souvent là que se trouve l'option la plus avantageuse.

L'abondement est définitivement un avantage à ne pas négliger. Sur un PER d'entreprise collectif, votre employeur peut compléter vos propres versements par un abondement. Celui-ci peut atteindre jusqu'à trois fois le montant que vous versez, dans la limite de 16 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 7 689,60 € en 2026. Chaque entreprise fixe librement son taux et son plafond, dans ces limites.

Prenons l’exemple fictif de Colin. Son employeur abonde ses versements à 100 %, jusqu'à 1 500 € par an. Si Colin verse 1 500 € sur son PER collectif, son épargne retraite augmente de 3 000 € dans l'année. S' il verse ces mêmes 1 500 € sur un PER individuel, elle augmente de 1 500 €. Aucun contrat, aussi performant soit-il, ne peut rattraper un tel écart : c'est un rendement immédiat de 100 %, avant même tout placement.

L'intéressement et la participation constituent une autre source d'épargne. Si vous percevez de l'intéressement ou de la participation, vous pouvez les affecter à votre PER collectif. Placées ainsi, ces sommes sont exonérées d'impôt sur le revenu, alors qu'elles sont imposables si vous choisissez de les percevoir directement. Elles peuvent en outre ouvrir droit à l'abondement de l'employeur, selon les règles fixées par votre entreprise.

Attention aux PER obligatoires oubliés ! Au fil d'une carrière, un salarié peut avoir cotisé à plusieurs PER obligatoires ou anciens contrats « article 83 » chez ses employeurs successifs, sans toujours s'en souvenir. Ces contrats continuent de vivre et de supporter des frais. Faites le point sur ces plans, et envisagez de les regrouper une fois l'entreprise quittée, cela vous évite de disperser votre épargne et de perdre en lisibilité.

Le PER individuel garde tout son intérêt, en particulier si votre entreprise ne propose aucun dispositif, si vous souhaitez choisir librement votre contrat, ou en complément d'un PER d'entreprise une fois l'abondement maximal atteint. Attention toutefois : les versements de votre employeur sur un PER d'entreprise viennent réduire le plafond dont vous disposez pour déduire vos propres versements sur un PER individuel. Mieux vaut vérifier votre plafond disponible, indiqué sur votre avis d'imposition, avant tout versement important. Avant d'ouvrir un PER individuel, interrogez votre service RH : votre entreprise propose-t-elle un PER collectif ? Avec quel abondement ? Et utilisez-vous déjà tout l'abondement auquel vous avez droit ?

Indépendants : les plafonds spécifiques

Pour les travailleurs non salariés, l'erreur la plus fréquente consiste à utiliser son PER comme un salarié, en passant à côté des règles plus favorables qui leur sont réservées.

Les indépendants disposent en effet de deux possibilités pour déduire leurs versements. Ils peuvent les déduire de leur revenu global, comme un salarié, dans la limite du plafond d'épargne retraite classique. Mais ils peuvent aussi les déduire directement de leur bénéfice professionnel, dans la limite d'un plafond propre aux travailleurs non salariés, nettement plus élevé.

Ce plafond spécifique correspond à 10 % du bénéfice imposable, retenu dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, auxquels s'ajoutent 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 fois ce plafond. Pour les versements de 2026, il peut atteindre jusqu'à 88 911 €, contre 37 680 € au maximum pour le plafond classique d'un salarié (Calculs réalisés à partir du PASS 2026 pour le plafond des indépendants, et du PASS 2025 pour celui des salariés, qui se calcule sur les revenus de l'année précédente).

Pour un indépendant dont les revenus sont élevés, ne pas utiliser ce plafond revient à se priver d'une part importante de l'avantage fiscal du PER. À l'inverse, le choix entre les deux modes de déduction dépend de la situation de chacun, du niveau de bénéfice et du statut. Les micro-entrepreneurs, notamment, relèvent de règles particulières.

Erreur n°4 : déduire ses versements sans regarder sa TMI

C'est l'argument commercial le plus souvent mis en avant : les versements sur un PER sont déductibles de vos revenus imposables. Mais la déduction n'est pas un cadeau fiscal, c'est un report d'impôt. Ce que vous ne payez pas aujourd'hui, vous le paierez en partie à la sortie. Déduire ses versements n'est donc intéressant que si l'économie réalisée à l'entrée dépasse l'impôt payé à la retraite. Tout dépend donc d'un seul chiffre : votre taux marginal d'imposition, ou TMI.

Le calcul qui change tout

L'impôt sur le revenu est calculé par tranches. Pour l'imposition des revenus 2025, le barème applicable en 2026 est le suivant :

Votre TMI est le taux de la tranche la plus haute atteinte par vos revenus. C'est celui qui détermine ce que vous rapporte la déduction d'un versement sur votre PER. Mais ce n'est que la moitié du calcul : à la retraite, en cas de sortie en capital, les sommes correspondant à vos versements déduits sont réintégrées à vos revenus et imposées au barème de l'impôt sur le revenu. La vraie question n'est donc pas « combien j'économise aujourd'hui ? », mais « quelle différence entre ma TMI actuelle et ma TMI à la retraite ? ».

Prenons l’exemple de trois profils fictifs : Yves, cadre en fin de carrière, Fabrice, salarié au revenu stable, et Joanna, jeune active aux revenus modestes. Ces trois personnes ont chacune versé et déduit 20 000 € sur leur PER, et récupèrent ces sommes en capital à la retraite :

Exemples fictifs et simplifiés, donnés à titre purement illustratif : ils ne reflètent pas votre situation personnelle. Le calcul porte uniquement sur la part des versements et suppose que la TMI s'applique à l'intégralité des sommes concernées. Les gains réalisés sur le contrat sont imposés séparément à la sortie. Votre situation fiscale réelle dépend de l'ensemble de vos revenus et de votre foyer : pour une estimation personnalisée, rapprochez-vous d'un conseiller.

Yves représente le cas idéal : il déduit à 41 % et sort à 30 %. Fabrice ne gagne rien sur le plan fiscal, l'impôt est simplement décalé dans le temps. Joanna, quant à elle, a déduit des versements alors qu'elle ne payait pas d'impôt : elle ne gagne rien à l'entrée, mais paie à la sortie. Elle aurait mieux fait de ne pas déduire.

Attention enfin à l'effet de seuil : récupérer un capital important en une seule fois peut faire grimper votre TMI l'année de la sortie, et transformer un bilan positif en bilan neutre, voire négatif.

Avant chaque versement, comparez votre TMI actuelle avec celle que vous anticipez à la retraite, en tenant compte de toutes vos futures sources de revenus : pensions, revenus locatifs, autres placements.

Versements non déduits : quand est-ce la meilleure option ?

Vous pouvez choisir, versement par versement, de renoncer à la déduction. Ce choix se fait au plus tard au moment du versement, et il est définitif pour le versement concerné.

La contrepartie est intéressante : à la sortie en capital, la part correspondant à vos versements non déduits est exonérée d'impôt sur le revenu. Seuls les gains réalisés sur ces versements sont imposés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.

Renoncer à la déduction est généralement pertinent dans plusieurs situations :

  • vous êtes non imposable ou votre TMI est de 11 % : l'économie à l'entrée est nulle ou faible, alors que l'imposition à la sortie reste possible
  • vous anticipez une TMI plus élevée à la retraite qu'aujourd'hui, par exemple parce que vous percevrez des revenus locatifs ou d'autres revenus du patrimoine
  • vous avez déjà atteint votre plafond de déduction, et vos versements supplémentaires ne seraient de toute façon pas déductibles.

Dans le cas d'une sortie en rente, les versements non déduits bénéficient également d'un régime plus favorable : seule une fraction de la rente est imposable, et cette fraction diminue avec votre âge au moment où la rente commence à être versée.

Pour un épargnant non imposable, la question mérite d'ailleurs d'être posée plus largement : le PER est-il le bon placement ? Sans avantage fiscal à l'entrée, son principal atout disparaît, alors que son principal inconvénient, le blocage des fonds, demeure. D'autres placements, plus souples, peuvent alors être plus adaptés.

Les nouveautés 2026 : fin de la déduction après 70 ans, report des plafonds sur 5 ans

La loi de finances pour 2026 a modifié deux règles importantes, qui changent la donne pour certains épargnants.

Premièrement, il n’y a plus de déduction après 70 ans. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER à compter de votre 70e anniversaire ne sont plus déductibles de vos revenus imposables. Le PER reste accessible après cet âge, mais il perd son principal avantage fiscal à l'entrée. L'administration fiscale a également précisé que la possibilité de mutualiser les plafonds de déduction au sein d'un couple cesse dès l'année suivant le 70e anniversaire de l'un des deux conjoints. Pour les épargnants qui approchent de cet âge, les dernières années avant 70 ans deviennent donc stratégiques pour utiliser pleinement leurs plafonds.

Ensuite, le report des plafonds est allongé à 5 ans. Lorsque vous n'utilisez pas la totalité de votre plafond de déduction une année, la partie non utilisée peut être reportée sur les années suivantes. Ce report, jusqu'ici limité à 3 ans, passe désormais à 5 ans. De quoi laisser davantage de souplesse aux épargnants dont les revenus varient d'une année sur l'autre, et qui peuvent ainsi concentrer leurs versements sur les années où leur TMI est la plus élevée. Attention toutefois, car ce nouveau délai ne s'applique qu'aux plafonds générés à partir de 2026. Les plafonds non utilisés des années précédentes restent soumis à l'ancienne règle des 3 ans. Selon les précisions de l'administration fiscale, les effets concrets de cet allongement ne se feront donc sentir qu'à partir de 2030.

Votre plafond disponible, reports compris, figure sur votre dernier avis d'imposition, à la rubrique « Plafond épargne retraite ».

Erreur n°5 : ne pas anticiper la sortie

C’est au moment de la liquidation de votre PER que se joue une grande partie de l'avantage fiscal accumulé. Selon la forme et le calendrier de votre sortie, la même épargne peut vous coûter quelques milliers ou plusieurs dizaines de milliers d'euros d'impôt.

Capital en une fois : le risque de changer de tranche

À la retraite, vous pouvez récupérer votre épargne en capital, en une ou plusieurs fois. Si vous avez déduit vos versements pendant votre vie active, la part du capital correspondant à ces versements est ajoutée à vos revenus de l'année et imposée au barème de l'impôt sur le revenu.

C'est là que se cache le piège. En récupérant tout votre capital la même année, vous gonflez artificiellement vos revenus imposables de cette année-là. Résultat : une partie de votre épargne peut être imposée dans une tranche bien plus élevée que votre tranche habituelle, voire plus élevée que celle dans laquelle vous avez déduit vos versements. L'avantage fiscal obtenu à l'entrée peut alors être en partie, voire entièrement, annulé.

Prenons l'exemple de Paul, retraité célibataire dont le revenu imposable annuel, hors PER, s'élève à 20 000 €. Il dispose sur son PER de 100 000 € issus de versements déduits. Voici l'impôt dû sur ces 100 000 € selon la manière dont il les récupère :

En une seule fois, une partie de son capital est imposée à 30 %, et même à 41 %. Étalé sur dix ans, l'essentiel reste imposé à 11 %. L'écart dépasse 20 000 €, sur un capital strictement identique.

Exemple fictif et simplifié, donné à titre purement illustratif : il ne reflète pas votre situation personnelle. Calcul réalisé pour un contribuable célibataire (une part), sur la base du barème 2026 supposé constant, hors décote et contributions sur les hauts revenus. Le calcul porte uniquement sur la part des versements déduits ; les gains réalisés sur le contrat sont imposés séparément. Pour une estimation adaptée à votre situation, rapprochez-vous d'un conseiller.

Fractionner, combiner capital et rente

La sortie du PER n'est pas un choix binaire entre tout récupérer d'un coup et tout convertir en rente. Plusieurs stratégies permettent de lisser l'impôt et d'adapter la sortie à vos besoins.

Vous pouvez premièrement choisir de fractionner les retraits en capital. C'est le levier le plus simple et souvent le plus efficace, comme le montre l'exemple de Paul détaillé précédemment. Chaque retrait est imposé au barème de l'année où il est effectué. En étalant la sortie sur plusieurs années, vous restez dans votre tranche habituelle. Vous pouvez aussi cibler les années où vos revenus sont plus faibles, par exemple les premières années de retraite si certaines pensions ne sont pas encore versées, ou une année sans revenus exceptionnels.

Une autre stratégie possible est d’opter pour une rente viagère. La rente vous garantit un revenu régulier jusqu'à la fin de votre vie, quelle que soit sa durée. Sur le plan fiscal, elle a l'avantage d'être naturellement fractionnée : vous êtes imposé chaque année sur le montant perçu, et non sur un capital important d'un seul coup. En contrepartie, vous renoncez à disposer librement de votre capital, et la transmission à vos proches dépend des options retenues.

Enfin, vous pouvez combiner les deux. Une sortie mixte permet en effet de conserver une partie de votre épargne en capital, pour financer un projet ou garder de la souplesse, tout en convertissant l'autre partie en rente, pour sécuriser un complément de revenu à vie. C'est souvent la solution la plus équilibrée, à condition de la calibrer en fonction de vos besoins réels et de vos autres revenus.

À noter : l'épargne issue des versements obligatoires, par exemple ceux effectués dans le cadre d'un PER d'entreprise obligatoire, ne peut en principe être récupérée que sous forme de rente, sauf lorsque la rente est inférieure à un certain montant.

Des taxes sur les gains en hausse en 2026

Au moment de la sortie en capital, votre épargne se décompose en deux parts : les versements que vous avez effectués, et les gains qu'ils ont produits. Ces gains sont imposés séparément, que vos versements aient été déduits ou non. Par défaut, ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, qui comprend 12,8 % d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux.

Toutefois, ces prélèvements sociaux ont augmenté au 1er janvier 2026, à la suite d'une hausse de la CSG : ils sont passés de 17,2 % à 18,6 %. Le prélèvement forfaitaire unique est ainsi passé de 30 % à 31,4 %.

Par exemple, sur un PER dont les gains atteignent 30 000 € au moment de la sortie, la facture s'établit désormais à 9 420 €, contre 9 000 € avec l'ancien taux (Exemple fictif et simplifié, donné à titre purement illustratif : il ne reflète pas votre situation personnelle). Une hausse modeste en apparence, mais qui rappelle un point essentiel : c'est la fiscalité en vigueur au moment de la sortie qui s'applique, et non celle en vigueur au moment où vous avez ouvert votre plan. Sur un placement de vingt ou trente ans, les règles peuvent évoluer, dans un sens comme dans l'autre.

Deux enseignements pratiques en découlent. D'abord, il est possible, sous conditions, d'opter pour une imposition des gains au barème de l'impôt sur le revenu plutôt qu'au prélèvement forfaitaire : une option qui peut être intéressante si votre TMI est faible à la retraite, mais qui s'applique alors à l'ensemble de vos revenus de placement de l'année. Ensuite, cette évolution plaide pour ne pas miser toute sa stratégie retraite sur les règles fiscales du moment, et pour réévaluer régulièrement ses choix, notamment à l'approche du départ.

Erreur n°6 : négliger les conditions de rente et de transmission

Au moment de souscrire un PER, on compare volontiers les frais et les performances, mais beaucoup plus rarement les conditions de sortie en rente ou les garanties en cas de décès. Ces clauses paraissent lointaines, parfois techniques, et on les découvre souvent le jour où l'on en a besoin. Or, elles déterminent à la fois le montant de vos revenus à la retraite et ce que vos proches recevront si vous disparaissez. Une fois le contrat choisi, elles sont difficiles à modifier.

Taux de conversion, tables de mortalité : les clauses qui déterminent votre rente

Si vous optez pour une sortie en rente viagère, votre capital n'est pas simplement divisé par le nombre d'années de retraite. L'assureur le convertit en revenu à vie selon plusieurs paramètres, fixés par le contrat :

  • la table de mortalité, qui estime votre espérance de vie. Plus elle est longue, plus l'assureur prévoit de vous verser la rente longtemps, et plus le montant annuel est faible
  • le taux technique, qui correspond au rendement que l'assureur anticipe sur votre capital pendant le service de la rente et qu'il vous verse par avance. Plus il est élevé, plus la rente de départ est élevée, mais moins elle sera revalorisée par la suite
  • les frais sur arrérages, prélevés sur chaque versement de rente, pendant toute votre retraite
  • votre âge au moment de la conversion, et les options choisies (réversion, annuités garanties).

Le résultat de ces paramètres est souvent exprimé sous la forme d'un taux de conversion : le montant de rente annuelle obtenu pour un capital donné. Et d'un contrat à l'autre, ce taux peut varier sensiblement.

Prenons un exemple. Pour un même capital de 100 000 €, un premier contrat propose un taux de conversion de 3,5 %, soit une rente de 3 500 € par an. Un second propose 4,2 %, soit 4 200 € par an. L'écart paraît limité : 700 € par an. Mais sur 25 ans de retraite, il représente 17 500 € de revenus en moins (Exemple fictif et simplifié, donné à titre purement illustratif : il ne reflète pas votre situation personnelle. Les taux de conversion réellement proposés dépendent de votre âge, du contrat et des options retenues).

Un point mérite une attention particulière : la table de mortalité appliquée. Certains contrats garantissent dès la souscription la table qui sera utilisée pour calculer votre rente. D'autres appliqueront celle en vigueur au moment de votre départ. Or, l'espérance de vie tend à s'allonger, et les tables avec elle. Un contrat qui garantit la table dès l'adhésion vous protège contre une révision défavorable du montant de votre future rente.

Avant de souscrire, demandez quelle table de mortalité sera appliquée à votre rente, si elle est garantie dès l'adhésion, et quels frais seront prélevés sur les arrérages. Et si vous êtes proche de la retraite, demandez une simulation de rente chiffrée à partir de votre capital.

Réversion, annuités garanties : protéger son conjoint

La rente viagère a un inconvénient bien connu : elle s'arrête à votre décès. Si vous disparaissez peu de temps après le début de son versement, le capital non consommé reste acquis à l'assureur. Pour éviter cette situation, la plupart des contrats proposent des options de protection. Encore faut-il qu'elles existent dans votre contrat, et à des conditions intéressantes.

La réversion est une première option : en cas de décès, la rente continue d'être versée à votre conjoint, en totalité ou en partie, selon le pourcentage choisi, jusqu'à la fin de sa vie. C'est l'option à privilégier si votre conjoint dépend en partie de vos revenus. En contrepartie, le montant de la rente de départ est réduit, d'autant plus que le taux de réversion est élevé et que votre conjoint est jeune.

Vous pouvez également opter pour des annuités garanties, c'est-à-dire que vous fixez une durée minimale de versement, par exemple 10 ou 15 ans. Si vous décédez avant la fin de cette période, la rente est versée au bénéficiaire de votre choix jusqu'à son terme. Cette option réduit elle aussi le montant de la rente, mais elle garantit qu'une part significative de votre capital ne sera pas perdue.

Selon les contrats, d'autres formules peuvent exister : rente majorée en cas de dépendance, rente plus élevée les premières années de retraite puis réduite ensuite, ou l'inverse. Elles permettent d'adapter la rente à vos besoins réels, qui évoluent souvent au fil de la retraite.

Toutes ces options se choisissent en général au moment de la conversion en rente, et sont ensuite définitives. Mais c'est dès la souscription qu'il faut vérifier que votre contrat les propose, et à quel coût.

Garantie décès et clause bénéficiaire

Pendant toute la phase d'épargne, la question de la transmission se pose aussi. Que deviendra votre épargne si vous décédez avant la retraite ?

Pour un PER souscrit auprès d'un assureur, le capital constitué est versé aux bénéficiaires que vous avez désignés dans la clause bénéficiaire. Sa transmission obéit alors à la fiscalité avantageuse de l'assurance vie, qui dépend de votre âge au moment du décès. Il existe aussi des PER dits bancaires, gérés sous forme de compte-titres : dans ce cas, l'épargne intègre votre succession et suit les règles classiques des droits de succession. Deux PER qui se ressemblent sur le papier peuvent donc avoir des conséquences très différentes pour vos proches.

Certains contrats proposent une garantie plancher, parfois en option payante, qui est une garantie décès assurant à vos bénéficiaires un capital au moins égal au montant de vos versements, même si la valeur de votre épargne a baissé à la suite d'un recul des marchés. Elle constitue une protection utile, notamment si une large part de votre PER est investie en unités de compte.

La clause bénéficiaire désigne qui recevra votre épargne en cas de décès. Beaucoup d'épargnants se contentent de la clause standard proposée par le contrat, sans jamais la relire. Or, une clause trop générale, obsolète ou imprécise peut aboutir à un résultat contraire à vos souhaits, ou compliquer le versement des fonds. Un mariage, une séparation, une naissance ou un décès dans la famille sont autant d'occasions de la mettre à jour. Le bon réflexe consiste à relire votre clause bénéficiaire au moins à chaque grand changement de vie. Désignez vos bénéficiaires avec précision (nom, prénom, date de naissance) et prévoyez des bénéficiaires de second rang, au cas où le premier décéderait avant vous.

Erreur n°7 : considérer le PER comme une épargne disponible

C'est la contrepartie de ses avantages fiscaux : l'épargne placée sur un PER est bloquée jusqu'à votre départ à la retraite. Un principe simple, mais que beaucoup d'épargnants sous-estiment au moment de verser. Résultat : ils placent sur leur PER des sommes dont ils pourraient avoir besoin avant, et se retrouvent coincés face à une dépense imprévue ou un projet de vie.

Le blocage jusqu'à la retraite et les cas de déblocage anticipé

En principe, vous ne pouvez récupérer votre épargne qu'à partir de l'âge légal de départ à la retraite, ou de la liquidation de votre retraite dans un régime obligatoire. La loi prévoit toutefois quelques exceptions, qui permettent un déblocage anticipé :

  • le décès de votre conjoint ou de votre partenaire de Pacs
  • l'invalidité de vous-même, de vos enfants, de votre conjoint ou de votre partenaire de Pacs
  • une situation de surendettement
  • l'expiration de vos droits aux allocations chômage
  • la cessation d'une activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire
  • l'achat de votre résidence principale.

En dehors de ces cas, aucun déblocage n'est possible, même pour un besoin important ou urgent. Un divorce, une perte d'emploi tant que vous percevez des allocations chômage, une création d'entreprise ou le financement des études de vos enfants ne permettent pas, à eux seuls, de récupérer votre épargne.

Deux nuances à connaître. D'abord, l'achat de la résidence principale ne permet pas de débloquer l'épargne issue des versements obligatoires, par exemple ceux d'un PER d'entreprise obligatoire. Ensuite, un déblocage anticipé n'est pas toujours neutre fiscalement : selon le motif et la nature de vos versements, une partie des sommes récupérées peut être imposée.

Garder une épargne de précaution à côté

Le PER n'est pas fait pour faire face aux imprévus. Avant de l'alimenter, il est donc essentiel de disposer d'une épargne de précaution, disponible à tout moment et sans risque de perte : une réserve pour faire face à une panne de voiture, une facture imprévue ou une baisse temporaire de revenus. On recommande souvent de conserver l'équivalent de trois à six mois de dépenses courantes, à ajuster selon votre situation : davantage si vos revenus sont irréguliers, si vous êtes indépendant ou si vous avez des personnes à charge.

Cette épargne a vocation à être placée sur des supports liquides, comme les livrets d'épargne réglementée. Pour vos projets à moyen terme, comme un achat immobilier dans quelques années, d'autres placements plus souples peuvent aussi prendre le relais.

L'ordre compte : d'abord l'épargne de précaution, ensuite les projets à moyen terme, et enfin le PER, pour l'épargne dont vous êtes certain de ne pas avoir besoin avant la retraite. Verser sur son PER des sommes qu'on devra peut-être récupérer, c'est prendre le risque de ne pas y avoir accès au moment où on en aura le plus besoin, ou de devoir s'endetter pour y faire face.

Récapitulatif : les 7 erreurs à éviter

Montants issus des exemples fictifs présentés dans cet article, donnés à titre purement illustratif : ils ne reflètent pas votre situation personnelle.

Bien choisir son PER et le faire évoluer : le rôle d'un courtier

Un PER mal choisi ne se remarque pas tout de suite. Les frais se prélèvent en silence, un profil de gestion inadapté ne se révèle qu'au fil des années, et les conditions de rente ne se découvrent souvent qu'au moment du départ. Et même bien choisi au départ, un PER ne l'est pas une fois pour toutes : votre situation professionnelle évolue, votre TMI aussi, tout comme votre horizon de placement et votre situation familiale. Les règles elles-mêmes changent, comme l'a montré la loi de finances pour 2026.

La bonne nouvelle, c'est qu'une erreur de départ se rattrape presque toujours : un profil de gestion se réajuste, un contrat trop coûteux se transfère, une stratégie de sortie se prépare. Encore faut-il pouvoir comparer. Frais, qualité des supports, profils de gestion pilotée, taux de conversion en rente, options de réversion, garanties décès : ces critères varient d'un contrat à l'autre et sont rarement présentés de façon lisible. En souscrivant directement auprès de votre banque ou d'un assureur, vous n'avez accès qu'aux contrats qu'il propose. Un courtier, lui, compare les offres de plusieurs assureurs pour identifier celle qui correspond réellement à votre situation.

C'est le sens de l'accompagnement proposé par Groupe Hueber Assurances, aux trois moments clés de la vie de votre PER.

À l'ouverture du plan, nous analysons votre situation personnelle et professionnelle, votre fiscalité et vos objectifs, pour vous orienter vers le type de PER et le contrat les plus adaptés. Nous comparons pour vous les frais, les supports, les modes de gestion et les conditions de sortie des contrats du marché.

Tout au long de la phase d'épargne, et à chaque changement de vie, nous vous aidons à ajuster votre stratégie : versements déduits ou non selon votre TMI, profil de gestion adapté à votre horizon, clause bénéficiaire à jour. Si vous détenez déjà un PER trop coûteux ou mal adapté, nous étudions avec vous l'intérêt d'un transfert.

Dans les dernières années avant la retraite, nous préparons avec vous votre stratégie de sortie : capital, rente ou sortie mixte, calendrier des retraits, options de réversion et de transmission. L'objectif : que l'avantage fiscal accumulé pendant des années ne soit pas perdu au moment de récupérer votre épargne.

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