Table des matières

Quand on envisage une épargne de long terme, on nous propose souvent un choix entre l’assurance vie et le PER, comme si ces deux produits s’excluaient naturellement. Ils possèdent pourtant des points communs et peuvent même s’associer au sein d’une même stratégie d’épargne. 

Le Groupe Hueber Assurances se propose donc ici de vous guider dans votre arbitrage, en listant tout d’abord les points communs entre PER et assurance-vie : les versements sont libres et la sortie est possible en rente, en capital ou sous forme mixte. Là où vous devez bien avoir en tête la différence entre les deux, c’est d’abord sur la disponibilité de l’épargne, qui est totale pour l’assurance vie alors qu’elle est bloquée jusqu’à la retraite pour le PER (sauf cas de déblocage anticipé strictement encadrés par la loi). Ensuite, notez bien leur différence sur la fiscalité, où se joue l’essentiel de l’écart entre ces deux produits : à l’entrée, pas d’avantage pour l’assurance vie, contre celui de la déductibilité des versements sur le revenu imposable pour le PER. À la sortie et à la transmission, la mécanique de taxation est différente. Nous terminons par vous offrir une grille de lecture des avantages du PER ou de l’assurance vie en fonction de trois critères : votre horizon de placement, votre niveau d’imposition et votre objectif d’épargne. 

PER et assurance-vie : ce qu'ils ont en commun

Des versements libres

Côté PER, les versements sont volontaires et possibles à tout moment, sans montant minimum imposé par la loi. Il peut néanmoins exister un minimum contractuel fixé par votre assureur ou votre gestionnaire. Les sommes versées ne sont de plus pas plafonnées en tant que telles, mais il y a une limite concernant la déductibilité fiscale des versements. 

L’assurance vie implique également des versements libres ou programmés, “en fonction de vos capacités d’épargne”, votre contrat pouvant fixer un montant minimum par prime. Il n’y a aucun plafond légal de versement. 

C’est un point commun à nuancer : l’assurance vie offre une liberté totale, les versements et la fiscalité étant déconnectés, quand pour le PER la liberté de verser n’implique pas une liberté fiscale illimitée, puisqu'au-delà du plafond de déduction, l’avantage fiscal de déductibilité disparaît. 

La désignation libre de bénéficiaires

Dans le cadre d’une assurance vie, vous désignez librement le ou les bénéficiaires qui percevront le capital ou la rente à votre décès. La clause bénéficiaire peut être modifiée à tout moment jusqu’au décès, sauf acceptation par le bénéficiaire, qui la rend irrévocable. Si aucun bénéficiaire n’est désigné, le capital retombe dans la succession et perd l’avantage fiscal spécifique de l’assurance vie. 

Le PER suit la même logique de désignation libre de bénéficiaire(s) en cas de décès avant la liquidation du plan, avec un régime de succession qui reprend largement celui de l’assurance vie (abattements selon l’âge au décès, détaillés plus loin dans cet article). Comme il est soit un contrat d’assurance ou un compte-titres, la désignation du bénéficiaire suit soit le régime du Code des assurances pour un PER assurantiel, soit celui du CoMoFi pour le PER bancaire.

Une sortie en rente, en capital ou sous forme mixte

Au terme du contrat d’une assurance vie, l’assureur reverse au souscripteur soit un capital, soit une rente viagère, selon l’option choisie. Le PER quant à lui prévoit une sortie soit en capital (versé en une fois ou de façon fractionnée), en rente viagère, ou un mix des deux.

À noter : La liberté de sortie du PER ne s’applique pas à tous les compartiments du PER. Les droits issus des versements obligatoires dans le cas d’un PER d’entreprise obligatoire ne peuvent pas sortir en capital à l’échéance, sauf si le montant de la rente est inférieur à un seuil réglementaire.

Une différence structurante sur la disponibilité de l’épargne

C’est sur la question de la sortie de l’épargne qu’une différence structurelle existe entre l’assurance vie et le PER. Pour l’assurance vie, la question est de savoir s’il est fiscalement intéressant de sortir, quand pour le PER elle est de savoir s'il est juridiquement possible de sortir à la date considérée. 

Assurance vie : liquidité totale à tout moment

Le souscripteur peut racheter tout ou partie du capital constitué à tout moment, sans justificatif à fournir, sans durée minimale de détention imposée pour le droit au rachat. La durée de détention joue uniquement sur la fiscalité des gains, pas sur le droit de retirer. En pratique, il existe une seule contrainte au rachat, si le contrat prévoit un encours minimum résiduel après un rachat partiel. Cet encours est généralement fixé à quelques centaines d’euros et varie selon les assureurs, mais il n’empêche pas le rachat lui-même. 

Il existe trois formes de sortie possibles : un rachat partiel, un rachat total (clôture), ou une rente viagère au terme choisi par le souscripteur. 

Cette liquidité comporte néanmoins un coût, et il est fiscal : un rachat avant 8 ans de détention est taxé au prélèvement forfaitaire unique de 30% (12,8% IR + 17,2% de prélèvements sociaux) contre 7,5% +17,2% après 8 ans (au-delà des abattements annuels de 4 600 €/9 200 € respectivement pour une personne seule ou un couple marié/pacsé)

PER : bloqué jusqu'à la retraite, sauf 6 cas limitativement énumérés

L’épargne que vous constituez sur un PER n’est pas accessible avant votre départ à la retraite, sauf pour les 6 cas suivants : 

  1. Décès du conjoint marié ou du partenaire lié par un PACS
  2. Invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de PACS (classée en 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie au sens de la Sécurité sociale)
  3. Surendettement du titulaire (sur demande de la commission de surendettement)
  4. Expiration des droits à l'assurance chômage du titulaire
  5. Cessation d'activité non salariée suite à une liquidation judiciaire
  6. Acquisition de la résidence principale, seul cas ne relevant pas d'un « accident de la vie »

À noter : pour l’acquisition d’une résidence principale, vous ne pouvez pas débloquer ce qui a été investi sous forme de versements obligatoires (PER d’entreprise obligatoire). 

La fiscalité est également différenciée selon le motif : sur les 5 cas "accident de la vie", le capital est exonéré d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (seuls les gains restent soumis aux prélèvements sociaux, actuellement 18,6 %) ; sur le cas résidence principale, le capital issu de versements déduits est réintégré au barème de l'IR et les gains soumis au PFU.

L’écart se creuse sur la question de la fiscalité

L’assurance vie n'a pas d'avantage fiscal à l'entrée au sens strict, contrairement au PER qui offre la déductibilité des versements du revenu imposable. Elle repose plutôt sur un cadre fiscal favorable à la sortie (pas de taxation du capital, abattement après 8 ans). Finalement,  le PER paie sa fiscalité de sortie plus lourde par l'avantage d'entrée, quand l'assurance vie n'a pas d'avantage d'entrée mais  bénéficie d’une sortie plus légère.

À l'entrée : la déductibilité du PER

Le PER permet de retirer le montant versé de votre revenu imposable de l'année, ce qui réduit directement l'impôt à payer, contrairement à l'assurance vie, où les versements n'ont aucun effet sur votre impôt.

En 2026, un salarié ou fonctionnaire peut déduire, au choix (la formule la plus avantageuse s'applique) : 10 % du PASS 2025 = 4 710 € (plancher, applicable même sans revenu professionnel) ou 10 % des revenus professionnels 2025, dans la limite de 8 PASS 2025, soit un plafond maximum de 37 680 €. Un TNS (indépendant, profession libérale) bénéficie d'un plafond plus favorable, calculé sur le PASS de l'année N (2026 = 48 060 €) : 10 % du bénéfice imposable 2026 dans la limite de 8 PASS, + 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, avec un plancher de 4 806 € et un plafond maximum de 88 911 €. (Calculs réalisés à partir du PASS 2025 et du PASS 2026, conformément à l'article 163 quatervicies du CGI et au BOFiP BOI-IR-BASE-20-50-20)

Le plafond non consommé une année est reportable sur les 5 années suivantes, et les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent mutualiser leurs plafonds respectifs.

La loi de finances pour 2026 a supprimé la déductibilité des versements volontaires effectués sur un PER par un titulaire âgé de 70 ans ou plus à la date du versement. La mutualisation des plafonds entre conjoints cesse également l'année suivant celle où l'un des deux atteint cet âge. 

À la sortie : une mécanique différente pour PER ou pour l’assurance vie

PER : sortie en capital, versements volontaires déduits à l'entrée 

La part correspondant au capital versé est réintégrée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, selon le régime des pensions, sans abattement de 10 %. La part correspondant aux gains est soumise au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1ᵉʳ janvier 2026), sauf option pour le barème progressif. Si le titulaire a renoncé à la déduction à l'entrée (versements non déductibles), le capital sort exonéré d'IR, seuls les gains restent soumis au PFU.

Assurance vie : sortie en capital (rachat)

La part correspondant au capital versé n'est jamais imposée : c'est la différence structurelle avec le PER. Seuls les gains sont taxés, selon la formule proportionnelle qui isole la part de gains contenue dans le rachat : gains imposables = montant du rachat × (gains totaux du contrat / valeur totale du contrat)

Exemple : pour un rachat de 10 000 € sur un contrat valorisé 25 000 € dont 5 000 € de gains, la part imposable est de 10 000 × (5 000 / 25 000) = 2 000 €. C'est uniquement sur ce montant de gains isolé, pas sur les 10 000 € rachetés, que s'appliquent ensuite le taux d'imposition et, le cas échéant, l'abattement annuel.

Le taux applicable sur les gains isolés est ainsi de 30 % avant 8 ans (12,8 % IR + 17,2 % PS), après 8 ans, 7,5 % + 17,2 % si l'encours total de primes du contribuable est inférieur à 150 000 € (au-delà, 12,8 % sur la fraction excédentaire).

L’abattement annuel après 8 ans monte à 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé, appliqué sur ce même montant de gains avant impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux restent dus intégralement sur la totalité des gains, l'abattement ne joue que sur l'IR).

Simulation chiffrée pour illustrer la différence de fiscalité entre PER et assurance vie

Cette simulation est fournie à titre pédagogique pour illustrer le mécanisme fiscal ; elle ne tient pas compte de votre situation personnelle et ne constitue pas un conseil individualisé.

Prenons l’exemple de Léo, salarié, qui verse 5 000 € soit sur son PER, soit sur une assurance vie de plus de 8 ans. Son TMI à l’entrée est de 30%, à la retraite de 11%. On suppose un gain de 2000 € générés sur la période. 

Dans le cas du PER, Léo réalise une économie d’impôt immédiate  de 1 500 € à l’entrée, pour un effort d’épargne réel de 3 500 €. À la sortie, son capital est taxé au barème à 11% (550 €), ses gains sont taxés au PFU de 31,4% (628 €), pour un total prélevé à la sortie de 1 178 €, et un net perçu de 5 822 € sur 7 000 € de capital final. 

Côté assurance vie, Léo ne réalise pas d’économie d’impôts à l’entrée, son effort d’épargne réel reste le même (5 000 €). À la sortie, son capital n’est pas imposé. Ses gains de 2 000 € sont couverts par l’abattement de 4 600 € (Léo est célibataire), donc il ne paye pas d’impôt sur le revenu. Il doit néanmoins payer les prélèvements sociaux sur les gains avant abattement (344 €). Au final, son net perçu est de 6 656 €.

Dans cet exemple le PER est plus avantageux, si et seulement si on intègre l’économie d’impôt initiale de 1 500 €. L’écart se resserre néanmoins fortement selon le différentiel de TMI entrée/sortie retenu : en règle générale, plus votre TMI en tant qu’actif est élevé, plus le PER s'impose comme un outil de défiscalisation avantageux. 

Transmission et décès : deux fiscalités proches mais pas identiques

Assurance vie et PER partagent la même architecture fiscale successorale, mais le PER a une variante (bancaire ou assurantiel) qui n'existe pas côté assurance vie, et c'est là que se joue l'écart réel plutôt que dans le mécanisme lui-même.

Assurance vie : le régime pivot à 70 ans

La fiscalité à la transmission dépend de l’âge du souscripteur au moment du versement. Une même assurance vie peut être fiscalement scindée en deux pour la transmission, si vous avez effectué des versements avant et après vos 70 ans. 

Si vous avez effectué le versement avant vos 70 ans, il y a un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, tous contrats confondus, sur les capitaux décès (primes + intérêts). Ceci constitue un levier d’optimisation intéressant, puisqu’un souscripteur qui désigne plusieurs bénéficiaires peut transmettre plusieurs abattements de 152 500 €, et il n’y a pas de plafond légal pour le nombre de bénéficiaires que vous choisissez. Au-delà de 152 500 €, un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable par bénéficiaire, puis de 31,25 % au-delà. Si votre bénéficiaire est votre conjoint avec lequel vous êtes marié ou pacsé, il bénéficie d’une exonération totale quel que soit le montant grâce à la loi TEPA 2007

Si vous avez effectué le versement après vos 70 ans, l’abattement légal est de 30 500 € au global, à répartir entre tous les bénéficiaires (et non pas par bénéficiaire, contrairement au régime avant 70 ans). Au-delà de ce seuil, seul le capital versé (les primes) est soumis aux droits de succession classiques selon le lien de parenté. Les gains et intérêts restent totalement exonérés, c'est le seul avantage résiduel de ce régime.

PER : un régime qui dépend du type de contrat

Pour un PER assurantiel, qui constitue l'écrasante majorité des contrats du marché, vous basculez dans le même régime dérogatoire que l'assurance vie, avec une nuance importante : les abattements sont partagés entre l'assurance vie et le PER assurantiel d'un même souscripteur (152 500 € par bénéficiaire, tous contrats d'assurance vie et PER confondus, pas un abattement séparé pour chaque produit).

Le PER bancaire ou compte-titres ne bénéficie d'aucun abattement spécifique. Le capital est réintégré à l'actif successoral et taxé selon le barème classique des droits de succession (abattement de droit commun de 100 000 € par enfant, puis barème progressif). 

C'est une différence de plusieurs dizaines de milliers d'euros sur une transmission identique. Prenons l’exemple de Paul, qui transmet son PER valant 200 000 € à Ghita, son enfant unique, lorsqu’il décède à 69 ans. Pour un PER assurantiel, il y a un abattement de 152 500 €, donc une base taxable de 47 500 € imposée à 20% (9 500 €). Le net perçu par Ghita est ici de 190 500 €. Pour un PER bancaire, l’abattement est de 100 000 €, donc une base taxable de 100 000 € imposée au barème progressif en ligne directe (18 194 €), soit un net perçu par Ghita de 181 806 €. On constate finalement un écart de 8 694 € de droits en plus pour le PER bancaire, sur une même transmission. (Calculs réalisés à partir des articles 990 I, 777 et 779 du CGI)

À noter : La loi de finances 2026 supprime la déductibilité des versements PER effectués après 70 ans, ce n'est pas une règle de succession à proprement parler, mais ça change la logique d'arbitrage, puisque verser sur un PER après 70 ans perd son avantage d'entrée et bascule sur le régime successoral moins favorable si le décès survient après. 

Trois critères pour arbitrer votre choix entre PER et assurance vie

Pour prendre votre décision, vous devez considérer trois critères : l’horizon de placement, votre niveau d’imposition et votre objectif. L’avantage comparé du PER ou de l’assurance vie est une combinaison de ces trois facteurs. 

L’horizon de placement

C'est le critère le plus important car il touche directement ce qui différencie fondamentalement l’assurance vie et le PER : la disponibilité de l’épargne. 

Pour un horizon court ou incertain (moins de 8 ans, ou besoin de liquidité non anticipable),  l'assurance vie s'impose presque par défaut, puisque le PER, bloqué jusqu'à la retraite sauf les 6 cas de déblocage anticipé vus plus haut, n'est pas adapté à un projet dont la date n'est pas fixée.

Pour un horizon long et déjà tourné vers la retraite (10-15 ans ou plus avant la liquidation prévue), le PER devient pertinent, car le blocage cesse d'être une contrainte réelle. L'épargne était de toute façon destinée à rester investie sur cette durée.

L'assurance vie garde cependant un avantage même sur le long terme, grâce au palier des 8 ans (taux réduit à 7,5 % + abattement annuel), donc l'horizon long ne bascule pas automatiquement tout vers le PER, il rend simplement le PER éligible et il vous faut alors considérer les deux autres critères. 

Votre niveau d'imposition (TMI), à l'entrée ET à la sortie

Si votre TMI est élevée aujourd'hui (30 %, 41 %, 45 %) et que vous anticipez une TMI plus faible à la retraite, le PER est le plus favorable. En effet, l'économie d'impôt à l'entrée (jusqu'à 45 % du versement) est capturée à un taux fort, la taxation à la sortie se fait à un taux plus faible. C'est le cas le plus fréquent en pratique avec des revenus qui baissent souvent à la retraite.

Si votre TMI est faible ou nulle aujourd’hui (0 % ou 11 %), la déduction PER n'a quasiment pas d'effet, puisque l'économie d'impôt est proportionnelle au niveau d’imposition. Dans ce cas, l'assurance vie devient plus cohérente par défaut, puisque son avantage (pas de taxation du capital, abattement après 8 ans) ne dépend pas de la TMI à l'entrée.

Si la TMI est censée être plus élevée à la retraite qu'aujourd'hui (jeune actif en début de carrière ascendante), le PER perd une partie de son intérêt, car l'avantage d'entrée est capté à un taux faible, la sortie taxée à un taux plus fort. 

L'objectif poursuivi

Si votre objectif est uniquement d’épargner pour votre retraite, le PER reste l'outil dédié, avec en plus l'option de sortie en rente viagère si l'on veut sécuriser un revenu à vie plutôt qu'un capital.

Si votre objectif est la transmission, les deux produits partagent une architecture fiscale proche, mais avec la nuance du PER assurantiel ou bancaire vue plus haut. L'avantage est de pouvoir cumuler les deux enveloppes pour multiplier les abattements de 152 500 € par bénéficiaire (le plafond est partagé entre assurance vie et PER assurantiel, mais chaque bénéficiaire supplémentaire démultiplie la capacité de transmission défiscalisée).

Si vous épargnez par précaution, ou pour un projet de vie qui n’est pas la retraite, comme un achat immobilier hors résidence principale ou le financement des études de vos enfants, l’assurance vie est la seule option cohérente, puisqu’avec un PER vous ne pourrez pas disposer des fonds engagés dès que vous en aurez besoin. 

Le bon arbitrage, finalement, n’est pas binaire : vous pouvez certes épargner pour la retraite mais vouloir aussi conserver aussi une certaine flexibilité sur les sommes engagées. Pour ce faire, le mieux reste de verser sur le PER jusqu'au plafond de déduction fiscale (détaillé précédemment dans cet article), puis orienter le surplus d'épargne vers l'assurance vie, qui reste disponible pour tout le reste, dans une logique de complémentarité plutôt que d'exclusivité.

PER et assurance-vie : deux outils à optimiser ensemble

Au terme de ce comparatif, la question posée en titre appelle une réponse nuancée : non, il ne s'agit pas vraiment de choisir, mais de séquencer intelligemment deux produits qui répondent à des logiques différentes plutôt que concurrentes.

L'assurance vie reste l'outil de la liberté : versements sans contrainte, disponibilité totale de l'épargne, fiscalité qui s'allège avec le temps sans jamais devenir un frein à l'accès à son argent. Le PER, lui, est l'outil de l'effort structuré, avec un avantage fiscal réel à l'entrée, en échange d'un blocage assumé jusqu'à la retraite (sauf accident de la vie ou projet immobilier).

Le vrai arbitrage ne se joue donc pas entre les deux produits, mais sur trois curseurs personnels : votre horizon de placement, l'écart entre votre TMI aujourd'hui et celle que vous anticipez à la retraite, et la nature de votre objectif, que ce soit de sécuriser un capital disponible ou de préparer un revenu futur. C'est précisément sur ce type d'arbitrage, propre à chaque situation, que les conseillers du Groupe Hueber Assurances peuvent vous accompagner pour construire une stratégie sur mesure plutôt qu'une réponse générique.

Au final, pour la plupart des épargnants, la stratégie la plus cohérente consiste à exploiter le plafond de déduction du PER en priorité, puis à laisser l'assurance vie absorber le reste de l'effort d'épargne, combinant ainsi l'avantage fiscal immédiat de l'un et la souplesse durable de l'autre. Ce n'est pas un match à départager, mais deux enveloppes complémentaires à faire jouer ensemble, chacune au moment où elle sert le mieux votre situation.